Le jambon de Creusoé
Cinquième partie et suite de "Les Illusions perdues".
Aujourd'hui était un grand jour.
Creusoé avait savamment calculé la période nécessaire à la maturation du jambon. Il en était sûr, six mois étaient passés.
C'est avec une certaine appréhension qu'il le tâtonna une toute dernière fois à travers son sac de protection en mousseline afin de s'assurer d'un séchage parfait avant de le décrocher..
Une fois sorti du sac, après l'avoir examiné sous tous les angles, un sourire aussi large que sa satisfaction pu se lire sur son visage. Son premier jambon de pays était une vraie réussite !
Il le plaça sur sa petite table d'extérieur puis s'empressa d'un découper quelques tranches qu'il déposa dans une assiette.
À ce moment précis, il entendit un grommèlement au loin se rapprocher, sans pouvoir en distinguer l'auteur tant la forêt alentour était dense.
- Il va voir ce qu'il va voir ce Creusoé ! disait Robinson à voix haute tout en arrivant au but.
- Hey! Bonjour mon ami lança Creusoé, regarde moi un peu ce jambon comme il est beau en voyant sortir Robinson des fourrages tel un sanglier.
À ces mots, la charge et les grommèlements de Robinson furent coupés tout net. Ses yeux s'écarquillèrent à un tel point qu'on pu croire qu'un jappement de joie allait sortir de sa bouche.
- Je viens de sortir cette œuvre de son sac et m'apprêtais justement à passer vous voir toi et Vendredi pour la dégustation promise.
Robinson était à présent conquis sa raison et ses pas firent un cent quatre-vingt degrés pour suivre Creusoé qui filait déjà en direction du campement où Vendredi se tenait.
Une fois arrivés, à la seule vue de ce jambon, nôtre Vendredi passa de la dépression à l'euphorie !
Nos trois compères s'attablèrent et firent un vrai festin, chacun vantant les mérites des uns et des autres dans cette aventure, qui, quelques années plus tôt n'était encore que le simple quotidien des hommes, ces choses si simples qui les transportaient à coup sûr vers la bonne humeur.
Fin
