Into the wild
Ce week-end, ma belle-sœur et son chéri sont au festival des lumières de Lyon, pour y découvrir mon film préféré "Into the wild", l'histoire vraie de Christopher, jeune étudiant fraîchement diplômé de vingt-deux ans, décidé à tourner le dos à une vie confortable et sans surprise.
Plus de douze années plus tôt, à mesure que je laissais Aubusson derrière moi et roulais sur cette petite route départementale 59, une petite joie intérieure m'envahissait.
Chaque virage négocié renforcait en moi ce désir de nature et mon impatience de visiter ce coup de cœur que j'avais eu une semaine auparavant, mais que j'avais cherché pendant près de deux années.
Décidément, ce lieu que j'allais très vite baptiser "Creusoé" se méritait, je me sentais tel Christopher Mc Candless, le personnage principal du film, s'enfoncant peu à peu dans sa quête, à la seule différence que je m'enfoncais peu à peu dans le parc naturel de Millevache, emmenant ma famille avec moi, réfreinant ainsi ces ardeurs d'adolescent où j'envisageais alors de me transformer en ermite dans une nature hostile.
À notre arrivée, ce ne fût pas une nature inamicale que nous découvrime, ni une maison, mais tout un ancien corps de ferme recouvert d'un écrin sauvage, cachant ainsi sa beauté à tout esprit dénué de poésie.
Dressé au milieu de ces bâtiments, je me sentais tout petit. Alors que la sensation d'une tâche trop grande pour moi m'envahaissait, je rêvais déjà aux défis qui me tendaient les bras et allaient donner un vrai sens à ma vie:
Redonner vie à ce lieu chargé d'histoire, bâtit pierre par pierre par des Maçons Creusois et accueillir des visiteurs afin de leur faire partager Creusoé.
À mesure que les travaux avançaient, bien que peu praticant, je me découvrais une âme de moine bâtisseur et me surprenait régulièrement à bénir les Maçons Creusois qui avaient jadis construit ces lieux pour mon plus grand bonheur.
Plus d'une décennie plus tard, c'était moi qui aujourd'hui accueillait pour la seconde fois dans les deux gîtes Robinson et Vendredi, une famille Creusoise installée à présent près de Bordeaux revenue célébrer un mariage.
À chacune de ses venues, cette famille ressemblait à la Creuse et representait tout ce que j'aimais et était restée Creusoise dans l'âme: Construire patiemment les choses de la vie. Apprécier ce et ceux qui vous entourent. Partager.
Nous avions tous en commun cette chose simple laissée par Christopher en conclusion de son histoire :
Le bonheur n'est réel que si il est partagé.
Je ne m'étais pas égaré.
