Le cadeau de mariage de Creusoé
En ce samedi de la mi-septembre le gîte Robinson se réjouissait déjà de recevoir une famille composée d'un couple et deux enfants. Je n'en savais pas plus, les plateformes de réservation n'indiquant que l'essentiel.
Après plus d'une décennie de sauvetage au regard de l'ampleur des rénovations, cette vieille ferme que j'avais baptisé Robinson revenait à elle pour sa première saison estivale et allait accueillir une famille que je me plaisais à imaginer pleine de vie.
Quelques heures avant son arrivée, je reçus un appel d'Audrey, la maman, afin de convenir des modalités d'accueil et m'informant qu'ils venaient dans la région pour un mariage.
C'est alors que je fis le rapprochement avec Julien et sa compagne que j'attendais au gîte Vendredi ce même jour pour le mariage de son amie d'enfance au Domaine de Banizette.
Ces deux réservations distinctes avaient-elles un lien ? S'agissait-il du même mariage ? Nos deux compères Robinson et Vendredi allaient-ils contribuer à cette cérémonie et sceller ainsi leur renaissance ?
Quelques heures plus tard, alors que je me tenais dehors, je vis arriver au loin deux voitures se suivant, tel un début de cortège de mariage. Julien et Audrey se connaissaient-ils ? Avaient-ils convenu ensemble de leur arrivée et synchronisé le tout ?
La voiture d'Audrey arrivée à ma hauteur, après avoir salué cette petite famille je m'empressais de le lui demander.
- "Vous vous connaissez avec la voiture derrière vous ?".
- "Non, pas du tout !" me répondit-elle, d'un air étonné et souriant à la fois.
Je me senti obligé de lui mentionner que la voiture de derrière venait également pour un mariage afin de ne pas passer pour fou.
Une fois tous descendus de leur voiture respective, ils firent connaissance et après quelques mots échangés se rendirent compte qu'ils allaient au même mariage.
Après m'être excusé auprès de Julien d'avoir à le faire attendre afin de donner la priorité aux enfants, je lui remis les clés du gîte Vendredi pour qu'il puisse s'installer, lui promettais de revenir vers lui et sa compagne au plus vite et dirigeais la petite famille d'Audrey vers le gîte Robinson.
A peine entrés dans le gîte, j'entendis deux petites voix qui raisonnent encore dans ma tête alors que j'écris ces quelques lignes.
"- Oh c'est super ici !", s'exclamaient les deux filles.
Elles venaient de faire à Creusoé le plus beau cadeau qu'il puisse espèrer. L'aimer avec ses yeux d'enfant.
